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Quelle Bible choisir ?

Comment choisir une Bible en français ?

Un professeur d’université raconte qu’une des questions qui reviennent le plus souvent est la suivante : «  Que me conseillez-vous comme meilleure traduction de la Bible ? » Et peut-être vous posez-vous la même question. Vous êtes alors sur la bonne page.

Parmi les traductions de la Bible, en français comme dans les autres langues, il existe beaucoup de versions falsifiées dont les ennemis de Jésus-Christ se servent pour se tourner contre lui. Saint Léon le Grand disait à leur sujet : « Comment peuvent-ils tromper les simples, si ce n’est en enduisant leurs coupes envenimées d’un miel doux ? »
Mieux vaut donc y regarder à deux fois, d’autant plus que les premières traductions françaises de la Bible sorties de l’imprimerie n’eurent pas bonne presse et furent la plupart condamnées par l’Église. À notre connaissance, il faut attendre le XVIIe siècle pour avoir la première Bible imprimée, reconnue par l’Église.

Nouveau Testament traduit par le père Denis Amelote. Première traduction en français de la Bible, qui, à notre connaissance, ait été approuvée par l’Église.

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Critère suivi dans cet article

« Pour moi, je ne croirais pas à l’Évangile si l’autorité de l’Église catholique ne m’y portait. »
Nous prenons cette déclaration de saint Augustin à notre compte et nous suivrons au long de cet article les consignes que l’Église nous a données pour reconnaître la meilleure version de la Bible.

En effet, l’Église catholique jouit d’une primauté sur la sainte Écriture, non pas en ce sens que ce serait de l’Église que la sainte Écriture tiendrait sa nature ou son autorité, mais parce que la connaissance adéquate de l’Écriture ne peut être donnée que dans l’Église qui est nécessaire :

  • pour garantir infailliblement que la sainte Écriture est la Parole de Dieu ;
  • pour déterminer le Canon des Écritures, c’est-à-dire la liste des livres divins ;
  • pour enseigner ce qu’est l’inspiration du Saint-Esprit ;
  • pour préciser le sens des passages difficiles ou ambivalents, et pour en donner une interprétation authentique.

Sans l’Église, la Bible demeure un livre fermé, sans autorité ni règle en dehors de celui qui la lit. La sainte Écriture n’est pas donnée directement à nous mais à l’Église qui en possède la clef par la Tradition apostolique et par assistance du Saint-Esprit.

Les Bibles à exclure

L’Église défend de faire usage :

  • des Bibles publiées ou traduites par des non-catholiques. Ainsi, les Bibles protestantes, calvinistes, celles des Témoins de Jéhovah, des Gédéons (comme la Bible de Louis Second, la Bible d’Ostervald)…
    Elles sont amputées et déformées ; elles sont interdites par le droit Canon (édition de 1917, can. 1399, 1°) ;
  • des éditions de la Bible traduites et éditées sans commentaires (canons 1391 & 1399, 5°). Ainsi, sont défendues :
    • la Bible par Lemaistre de Sacy éditée par R. Laffont ;
    • Le nouveau testament de Jésus-Christ éditée par Dominique Martin Morin ;
    • etc.
  • des éditions dont les notes et les introductions distillent l’hérésie, et qui sont en contradiction avec les décrets de la Commission biblique instituée par l’Église. Comme par exemple :
    • La Bible de Jérusalem ;
    • La T.O.B. (Traduction œcuménique de la Bible) ;
    • La Traduction officielle liturgique ;
    • La Bible d’Osty ;
    • etc.

Les versions préconisées

Le texte de la Bible qui a valeur d’original est la Vulgate. « Elle doit être tenue pour authentique, et personne ne saurait avoir l’audace ou la présomption de la rejeter sous n’importe quel prétexte » nous dit le Concile de Trente (IVe session). Et Pie XII précise qu’elle est « absolument exempte de toute erreur en ce qui concerne la foi et les mœurs ». Le texte de la Vulgate est en latin. Il est dû à saint Jérôme, et fut réalisé à partir de l’hébreu, du chaldéen et du grec, à la demande du pape saint Damase.

Il serait trop long d’exalter ici tout le mérite de la Vulgate. Notons seulement ceci :

  • Saint Jérôme fut un connaisseur des langues hébraïques, grecques et latines hors pair, un génie littéraire incomparable et surtout un maître de vie spirituelle initié aux plus hauts états de la contemplation.
  • Il avait à sa disposition des manuscrits qui ont disparu et auxquels nous n’avons plus accès à ce jour, comme le rouleau de la Synagogue de Bethléem qu’il avait copié de sa main, ou encore les célèbres Hexaples d’Origène anéantis vers l’an 600 dans l’incendie de la bibliothèque de Césarée.

C’est pourquoi, les versions qui circulent depuis une centaine d’années et qui sont traduites sur les « textes originaux », bien qu’autorisées pour certaines d’entre elles, sont beaucoup moins recommandables que celles qui sont traduites depuis la Vulgate. C’est le cas pour la Bible du chanoine Crampon.

Les éditions disponibles en neuf

1. La Bible de Glaire

La Bible de Glaire, traduite depuis la Vulgate par l’abbé Jean-Baptiste Glaire parut la première fois dans les années 1870 et fut approuvée par Pie IX. Elle fut ensuite améliorée et enrichie de notes par l’abbé Fulcran Vigouroux (1890). Elle est la seule disponible en boutique.

Caractéristiques :

  • texte français sans l’original latin
  • commentaires en bas de page, tirés des Pères et des principaux commentateurs
  • style de traduction fort littéral
  • un volume sur papier fin
  • étui cartonné
  • carte (bien utile) contenant la liste, en ordre, des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament
  • prix : 68 €
Bible selon la Vulgate

2. La Grande Bible de Tours

La Grande Bible de Tours fut traduite depuis la Vulgate par les chanoines Jean-Jacques Bourassé et Pierre-Désiré Janvier, professeurs au séminaire de Tours. Elle fut publiée par Mame en 1843.

Caractéristiques :

  • texte français sans l’original latin
  • commentaires très succincts en bas de page
  • corps du texte de la réédition actuellement disponible fort petit
  • traduction en un beau français
  • deux volumes
  • prix : 232 €

Cette Bible n’est pas disponible en librairie. Il faut s’adresser directement à l’éditeur, Jean de Bonnot.

D’occasion

3. La Bible de Carrières

  • traduction de Lemaistre de Sacy
  • texte français avec le latin en regard
  • existe en 6, 8 ou 12 volumes
  • commentaires du Père Louis de Carrières, de l’Oratoire, sous forme de paraphrase, c’est-à-dire qu’ils sont insérés dans le texte biblique, en italique
  • notes en bas de pages de Menochius S. J., en latin, tirées des Pères et des grands commentateurs

4. La Bible de Louis-Claude Fillion

  • traduction faite entre 1888 et 1895, depuis la Vulgate, par l’abbé Louis-Claude Fillion, prêtre de S.-Sulpice et membre de la Commission biblique pontificale
  • texte français avec le latin en regard
  • 8 volumes
  • commentaires français en notes de bas de page, souvent assez techniques ; peu de commentaires spirituels

Audio

5. La Bible Ancien et Nouveau Testament

  • traduction de Louis-Claude Fillion
  • texte lu par Cyril Deguillen
  • 10 CD MP3
  • prix : 39,90 €

Conclusion

Peut-être l’éventail vous semble-t-il réduit et restez-vous sur votre faim. Répondons d’abord qu’il n’est pas nécessaire de disposer de pléthore de traductions. Les catholiques anglais n’ont jamais eu d’autre traduction que la fameuse Douay–Rheims Bible ; ils n’ont pas idée de citer la sainte Écriture depuis une autre version.

En revanche, il est bien dommage qu’il n’y ait qu’une seule édition neuve disponible pour chacune des bonnes traductions mentionnées plus haut. On se serait attendu à ce que le Livre sacré par excellence fût publié sous davantage de formes :

  • en un, deux, trois ou quatre volumes
  • le Nouveau Testament en un volume séparé
  • les Évangiles en un recueil séparé.

Cela manifeste le peu d’intérêt qu’éprouvent les catholiques pour la sainte Écriture. Nous espérons que quelque bon éditeur réparera cette lacune.

  • Déjà, il existe l’Évangile selon saint Matthieu en un petit format pratique et une typographie fluide. La traduction depuis la Vulgate est reprise de celle de Louis-Claude Fillion. L’introduction et les notes sont dues à André Siasom. Les numéros de versets ne sont pas indiqués, sauf dans les sous-titres, mais il y a bien des numéros de chapitres. Prix : 4 €
  • On trouve encore d’occasion Le Nouveau Testament traduit en français d’après la Vulgate par l’abbé Jean-Baptiste Glaire. Belle présentation, et texte agréable à lire.

Nous vous souhaitons bonne trouvaille et surtout bonne lecture dans ces prairies fertiles et délicieux jardins dans lesquels le troupeau du Seigneur trouve une force admirable et un grand charme (Léon XIII, encyclique Providentissimus Deus).

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